L’article sur la graphologie dans le Journal du net est tout simplement scandaleux. C’est un tissu de stupidités sur les vices et vertus supposés des « modèles » d’écriture, et j’ai le sentiment de reculer vingt ans en arrière en lisant ce journal, lorsque dans quelque officine crapoteuse l’on essayait de nous fourguer cette soi-disant technique de recrutement. Ce n’est pas seulement ridicule, c’est le signe qu’il faut rester vigilant face à un obscurantisme toujours vivace où j’imagine, une poignée de consultants auto-proclamés, espèrent bien soutirer des miettes d’honoraires à des entreprises naïves.
Qu’on se le dise une fois pour toute, la graphologie est au recrutement ce que la lecture du foie de génisse par un devin est à la prévision !
Faut-il rappeler l’existence de deux études, l’une menée par Salgado en 1999, l’autre par Schmidt et Hunter en 1998 qui ont démontré, via des indices de validité, l’innocuité de la « technique » graphologique ?
Faut-il rappeler enfin, l’essentiel ? L’essentiel est la compétence déployée par le candidat et non la détection fallacieuse d’indices laissant croire que l’on peut « scanner » un individu ! Tiens, pourquoi ne pas soumettre un candidat à la question pendant qu’on y est, pourquoi ne pas le passer au détecteur de mensonge, ou bien encore, lui filer le train avec un détective, ou bien encore interroger son entourage. Ah oui, on peut aussi regarder ses poubelles, il paraît qu’elles sont révélatrices des personnalités !
Aujourd'hui, le recrutement moderne objective les méthodes de sélection par des méthodes rationnelles telles que les entretiens structurés, les assessment centers ou les tests validés scientifiquement par la psychologie enseignée en université qui, faut-il le préciser, n'a rien à voir ni de près ni de loin avec le delirium psychologisant des gourous de la consonne et de la voyelle.
Ces techniques modernes existent au final pour deux bonnes raisons : faire le choix de recrutement le plus professionnel possible, et garantir l'égalité des chances de tous.
Qu’on se le dise : la graphologie est un aimable passe-temps pour grand-père et grand-mère, l’une de ces choses qui amusent et titillent l’imagination à partir de conjectures qui mêlent l’imagination et le tripatouillage ésotérique. Pour le dire autrement, on est plus près du sudoku que du recrutement.
Libre à chacun de mener sa politique de recrutement en lisant dans les lettres comme on lit dans les astres. Mais dans ce cas, qu’on annonce aux candidats qu’ils postulent dans une entreprise où l’irrationnel, la fantaisie et un "certain goût pour le mystère" voisinent avec les comptes annuels.
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